« Comme je suis autodidacte, forcément je n’ai pas lu tout ce qui était aux programmes scolaires. Ramuz, c’est l’écrivain de ma région, de l’endroit où je suis née, le Lavaux, entre Genève et Lausanne, là où les vignes sont classées patrimoine mondial de l’Unesco. Dans Passage du poète, Ramuz parle des vignerons qu’il connaît bien puisque son père, son grand-père, son arrière-grand-père étaient vignerons. Ramuz parle de la gratuité, du fait que ça ne rapporte rien.
“ C’est de faire pour rien qui est beau. Même si le travail ne paie pas. Parce que c’est de faire qui compte. Quand même je serais tout seul, et que je n’ai pas été gâté. Allez, on n’est pas toujours payé, et c’est dur et c’est ingrat, et c’est toujours la même chose, mais je dis c’est ça qui est beau.”
Quand on lit ça on ne peut pas ne pas avoir les larmes aux yeux, surtout aujourd’hui qu’il faut être rentable tout le temps, gagner de l’argent tout le temps. »