Dans Paradis, le feu, Alexander Abaturov ne nous le montre pas tout de suite. Ce sont d’abord les signes avant-coureurs - fumées, flammèches - que l’on voit, mais aussi les habitants de Shologon, ce village de Iakoutie dans la Sibérie orientale et abandonné par les autorités russes. Et puis il est là, partout, et il faut tout faire pour l’arrêter avant qu’il n’engloutisse le village. C’est cette possible action collective face aux forces climatiques cruelles, impersonnelles mais puissantes, vivantes (on appelle le feu «le dragon») que décrit Paradis. Un film somptueux.