La musique de William Basinski est presque devenue une obsession. C’est venu avec la maladie de Parkinson et la quiétude qu’elle me demande. C’est des musiques très lancinantes pendant lesquelles il peut ne rien se passer pendant une demi-heure, et qu’un petit déclic, parfois à peine perceptible, comme une montée d’une octave, va éclairer. Je l’ai vu récemment sur scène, et ce qui est drôle, c’est qu’il joue la musique la plus mélancolique, la plus lancinante qui soit, alors qu’il est totalement exubérant, qu’il monte sur scène comme s’il jouait avec Bronski Beat. La musique répétitive me touche particulièrement, c’est comme les earworms, ces boucles de musiques qui colonisent mon cerveau pendant des jours et des nuits. C’est un symptôme de cette maladie de Parkinson qui gagne du terrain. A la première du Boléro de Ravel, à la fin de la représentation une femme dans le public se lève, scandalisée, et crie son incompréhension, que Ravel est fou. Présent dans la salle, Ravel se lève et lui “Merci Madame, c’est le plus beau compliment qu’on ne m’a jamais fait”.