Steve Reich a d’abord fait un travail très systématique, très “vingtièmiste” sur le décalage des bandes magnétiques par rapport au signal original. Puis, il a inventé la boucle avec une instrumentation classique occidentale. Deux pas de géant extraordinaires. Encore aujourd’hui, il y a très peu d'œuvres avec un instrumentarium occidental qui arrive à produire cet effet hypnotique. C’est une musique que j’écoute souvent parce qu’elle m’ouvre le cerveau, elle me libère de la pesanteur, elle déréférence tout. C’est un travail remarquable sur la boucle inspirée de la musique et des percussions traditionnelles africaines, mais composé pour des instruments occidentaux, qui leur fait dire des choses qu’ils n’avaient jamais dites auparavant. Comme chez Queneau, il y a de la forme, mais on s’en fout de la forme. Ce qui compte c’est l'œuvre qui déclenche des émotions qu’on n’avait pas ressenties auparavant.