Molloy

Samuel Beckett - 1951

Je suis un fou de Beckett. Dans mon premier livre sur la guerre d’Espagne j’avais mis en exergue, une phrase tirée de Molloy qui dit "Le soleil brillait, n’ayant pas d’alternative, sur le rien de neuf". Ce premier roman Les Calendes grecques (1980) commençait par un ancien des brigades internationales qui rêvait son enterrement. On était dans une veine très sinistre et très beckettienne. J’ai pris chez Beckett et Flaubert la concision d’écriture. Dans un des tomes des aventures de Boro, Jean avait écrit une scène d’amour entre Boro et une avocate qui était très suggestive et qui s’étirait sur trois ou quatre pages. J’ai tout coupé, et l’avocate dans les bras de Boro ferme les yeux et lui dit “Et maintenant, plaide”. C’est la différence entre Dumas et Beckett !