J’aime beaucoup la trilogie de Stieg Larsson, brillant journaliste suédois qui n’aura malheureusement pas connu son succès, mort d’une crise cardiaque à 50 ans alors qu’il venait de remettre ses trois manuscrits à son éditeur. Intelligente, surprenante, hyper-documentée, d’une grande richesse romanesque, la trilogie Millenium développe une multitude d’intrigues dans une atmosphère si oppressante que la lecture s’en ressent physiquement. Polar tout autant que roman d’espionnage, drame ou thriller, ce pavé de mille cinq cents pages vaut aussi et surtout pour l’un de ses personnages féminins : Lisbeth Salander. Lolita des temps modernes, icône cyber-punk, Lisbeth s’est imposée au fil des années comme l’une des figures les plus emblématiques du polar du XXIe siècle. Incarnée par trois actrices au cinéma, dont la démente Rooney Mara dans l’adaptation du premier livre par David Fincher, Lisbeth Salander fascine autant qu’elle effraie, séduit autant qu’elle rebute, et représente le cœur même de l’œuvre de Larsson dans toute sa sauvagerie poétique. Salander Forever.