C’est un très grand livre sur Détroit, il raconte la construction et la métamorphose de cette ville à travers l’histoire du personnage principal, une petite fille qui à l’adolescence se découvre garçon. Il y a deux ans, j’étais à Détroit, je suis allée écouter Jeffrey Eugenides invité à l’université pour les 25 ans de son premier roman Virgin Suicides. Il a finalement principalement parlé de Middlesex, comment il l’avait écrit et comment, à chaque fois qu’il travaillait sur des archives de la ville, il ne pouvait plus s’arrêter d’écrire, d’ajouter des chapitres. Ce jour-là, je sortais moi-même de la bibliothèque où il avait travaillé, je comprenais ce qu’il disait. Cette ville a brassé tellement de grands moments, de courants migratoires, qu’à chaque fois qu’on ouvre un tiroir, un micro film, on voudrait rajouter des pages et des pages. Detroit c’est un peu comme le logiciel originel du monde moderne, éclairer le passé de cette ville, c’est éclairer notre histoire.