Quand j’ai lu Lettres à une Noire, je n’arrivais pas à savoir si c’était un roman, un récit, ou un témoignage. En fait, c’est un peu tout ça. Françoise Ega (1920-1976) était martiniquaise et avait reçu une formation de dactylo. À son arrivée en métropole, à Marseille, elle s’est beaucoup impliquée dans l’aide aux immigrés des Caraïbes et des Antilles, sur l’alphabétisation, la défense des droits, des salaires, et aux côtés de ces femmes déboussolées face aux démarches administratives.
Comme chez Virginia Woolf, il s’agit de lettres fictives. Les deux écrivaines passent donc par une forme de fiction pour faire entendre ce qu’elles ont à dire, pour rendre la réalité sensible. C’est très bien écrit, c’est très très beau, c’est aussi un magnifique livre sur Marseille dans les années soixante.