Lettres à Lucilius
J’ai grandi dans un quartier où le fléau n°1 était l’héroïne et beaucoup de mes proches en sont morts. Jeunes, très jeunes. Comme je n’avais pas trop de thunes, entre midi et deux, je prenais un sandwich et j’allais à la Fnac ou à la librairie Kléber et je m’installais pour lire sur place. J’ai lu plein de bouquins que je n’achetais jamais. Je suis tombé par hasard sur
De la Brièveté de la vie, de Sénèque et là-encore, j’ai eu l’impression qu’on parlait de ma vie. Tu es gamin, tu es confronté à la mort, mais tu ne sais pas trop. A la fois tu es plein de vie et, en même temps, autour de toi, tu la vois qui s’arrête brutalement... Et comme je suis un peu autiste, dans mon monde, personne ne m’en parle. On ne dit pas un tel est dans la came. On le voit qui change mais on ne dit rien. Je lis ça et tout prend sens. Ensuite je lis
Lettres à Lucilius, et en fait, Lucilius c’est moi. En fait, je suis en train de me construire une colonne vertébrale.
Cette oeuvre est présente dans :