Mes sources d’inspiration anciennes viennent de la guerre d’Espagne. Je peux citer aussi Hommage à la Catalogne de George Orwell ou Dialogues avec la mort : un testament espagnol d’Arthur Koestler. Ces trois livres que j’ai lu jeune, je pense que quand on les lit bien, quand on a compris la guerre d’Espagne, on a compris le siècle. En particulier le jeu de Staline qui, sous prétexte d’aider les républicains, envoie Orlov pour liquider son opposition de gauche, les anarchistes de la CNT et les trotskistes du POUM. Quand Orwell, parti d’Angleterre avec le POUM en 36 pour se battre en Catalogne, revient en 37, blessé, à Barcelone, il assiste à une véritable guerre civile entre les anarchistes et les staliniens. On comprend alors que le stalinisme est une forme de fascisme. Malraux, pendant la guerre d’Espagne, a été formidable. Alors que le Front Populaire français a refusé de soutenir les Républicains espagnols et ont décrété un embargo sur les armes, Malraux a vraiment eu un rôle actif. La grandeur de son livre c’est que c’est un reportage. Il décrit les débuts de la guerre d’Espagne d’une manière fantastique.