Les puissances des ténèbres
Anthony Burgess
Acropole
1980
Anthony Burgess est, à mon avis, l’un des deux ou trois plus grands auteurs anglais du 20e siècle, malheureusement un peu tombé aux oubliettes. Il était fort peu politiquement correct ce qui lui a valu de voir son roman « Orange mécanique » interdit longtemps en Grande-Bretagne. Ce roman prémonitoire du monde tel qu’il allait devenir lui avait été inspiré par le drame vécu par sa première épouse, violée par des voyous londoniens et qui ne s’en est jamais remise. Mais de la production très dense d’Anthony Burgess (« La symphonie Napoléon », « Le royaume des mécréants », « Rome sous la Pluie »), je retiens surtout « Les puissances des ténèbres » qui est un peu passé inaperçu, et qui renferme une dimension tolstoïenne qui me fascine. En 1000 pages, il y a tout le 20e siècle : de la Première Guerre mondiale qu’un auteur de théâtre, homosexuel londonien, va chercher à ne pas faire, à une secte du type Guyana, dirigée par une figure centrale, prémonition de Jean-Paul II, plébéien, populaire au verbe très vert. C’est d’une drôlerie et d’une ambition absolues, je le relis souvent.
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