« Célinien guévariste, provocateur griotique diplômé de biochimie, photographe, scénariste et satiriste à l’acide, Gauz est l’écrivain le plus rabelaisien et volcanique du moment. Quand il quitte la grande forêt primaire de Daloa, au nord de la Côte d’Ivoire, en 1999, il galère comme vigile à Paris et en tire un roman de haute sève, tragique et cocasse, Debout-Payé, l’odyssée des vigiles blacks des Champs-Élysées. Taillé comme Frazier, tribun comme Danton, il récidive avec Camarade Papa, un roman décapant sur la colonisation, vu par un Blanc colon. Son dernier opus Les Portes, s’inspire du mouvement des sans-papiers à Paris en 1996 et de l’occupation de l’église Saint-Bernard de la Chapelle. Gauz, 54 ans au compteur et 100 kilos de muscles à la pesée, mélange les langues à bel effet, le français à toutes ses strates, comme les argots urbains des pays lointains : c’est un poéticien de forte oralité et un politicien, dialectique et joueur, qui met à nu les racialismes ambiants et dépasse, par sa finesse d’invention polémique, les limites de certains wokistes actuels moins balèzes que lui. »