Les Ménines
Je me rendais souvent à Madrid lorsque je travaillais au Monde pour rencontrer nos collègues d’El País, et j’en profitais pour aller au Prado pour voir
Les Ménines, de Velásquez. Il y a dans ce tableau, cette perspective particulière qui peut donner l’impression d’un trompe-l’œil, un côté crépusculaire aussi. Et ce personnage dans l’encadrement de la porte, est-ce Velásquez lui-même ? Ce tableau a fait l’objet de nombreuses thèses. Jorge Semprun, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, et sous Franco, donnait ses rendez vous au pied de cette toile, raconte qu’un jour il voit un type incroyable à la stature imposante devant le tableau. Quelque temps après, il découvrira qu’il s’agissait de Nicolas de Staël. C’est un tableau qui me parle tout en restant mystérieux, qui dégage une force incroyable et qui a été un témoin de l’histoire espagnole : j’aime bien cette combinaison.
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