J’ai lu à l’adolescence ce roman que j’ai relu plusieurs fois depuis. D’emblée j’ai été happé par l’atmosphère, par la nature sauvage, les collines de bruyères, les pierres hostiles, quelque chose d’un peu minéral et austère. C’est aussi un roman dans lequel les personnages sont incroyablement sombres. Il y a beaucoup de cruauté dans le livre, et pour autant énormément de romantisme. Chaque personnage porte une part d’obscurité, de violence, d’agressivité, de rancœur, de désir d’en découdre, et c’est une histoire d’amour flamboyante et dévorante. La mort aussi est très présente. Et puis Emily Brontë vivait dans une sorte de réclusion et ne connaissait pas grand-chose aux sentiments. On ne peut donc qu’être fasciné qu’un des plus grands romans de la littérature romantique ait été écrit par quelqu’un qui n’a pas connu l’amour.