« C’est un monument, un roman long, puissamment polyphonique, profondément digressif, à la fois récit d’initiation, manifeste poétique et une quête dans lequel on retrouve ce mélange de profondeur et de drôlerie qu’on retrouve aussi chez Mona Hatoum, un espace de création qui est particulièrement fécond. Les Détectives sauvages est composé de trois parties hétérogènes qui se déroulent entre 1975 et 1996. Ça commence par le journal de Juan García Madero qui abandonne ses études de droit pour se consacrer à la poésie après avoir fait la rencontre d'Ulises Lima et Arturo Belano, chefs de file des réal-viscéralistes. Ce roman est une épopée qui est aussi l'exaltation d’une liberté, à la fois pivot formel et thématique de l’œuvre. J’aurais aussi pu choisir Appels téléphoniques que j’offre souvent pour inviter les gens à entrer dans l’œuvre de Bolaño, ou Poèmes ressorti récemment en poche, parce que tout Bolaño est marqué du sceau de la nécessité. »