En 1918, Breton et Aragon, encore mobilisés, se portaient régulièrement volontaires, à l'hôpital où ils étaient affectés, pour assurer la garde de nuit et là, des heures durant, se lisaient à voix haute les psaumes démoniaques du Comte de Lautréamont. L'année suivante, Breton recopie, à la Bibliothèque nationale, l'exemplaire unique des Poésies, qui sont publiées en avril, dans le n° 2 de Littérature, revue qu'il vient de fonder avec Aragon et Soupault. Dans cette édition de 1953 des œuvres complètes de Lautréamont, on retrouve Les Chants de Maldoror, mais aussi les huit préfaces publiées au fil des éditions, dont celles d’André Breton, Philippe Soupault et Julien Gracq.