Parfois, on croit savoir à quoi s’en tenir, et on a tort. Quand Jean Echenoz s’empare du destin du coureur Emil Zatopek, ou Fabrice Gaignault de celui du rocker Vince Taylor, ça semble être de la biographie, alors que les auteurs s’inventent une vie au travers de celle des autres. A l’inverse, quand les Magnetic Fields enregistrent « 69 Love Songs », les apparences d’un projet intime sont en fait une méditation sur l’amour tel qu’on le fantasme en chansons. Dans les deux cas, le sujet est bien le rêve, et non la réalité.