Le Journal 1887-1910
Comme chez Cioran, c’est, pour moi, le chef d’œuvre de cet auteur connu pour son roman,
Poil de Carotte. Le journal d’un introverti, d’un mélancolique un peu velléitaire. Il y a là, à la fois, ses doutes, des petites notes sur ses ballades dans la nature… Mais il voulait aussi être reconnu à Paris, être reçu à l’Académie française. Il raconte donc sa vie mondaine, ses rencontres avec d’autres auteurs plus doués que lui pour les intrigues. Il les envie, mais se rend compte aussi à quel point c’est superficiel, épuisant, violent. Qu’il n’est pas équipé pour ça, lui, l’introverti sensible qui vient de la Mayenne. Ce mélange m’a toujours beaucoup plu. Je me retrouve un peu dans cet auteur. Je crois qu’il n’y a pas un seul de mes livres, et j’en ai écrit vingt ou vingt-cinq, dans lequel je n’ai pas cité Jules Renard. C’est jubilatoire de se retrouver en parfaite communion avec un autre esprit humain à cent ans d’écart. La même façon de souffrir, les mêmes envies de fuir le monde, d’en faire partie aussi. Je ne cesse de le recommander.
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