C’est un film d’une douceur, d’une tendresse que je trouve très rare. Le petit village danois où se déroule le film, c’est celui que tu retrouves dans toute la littérature, que ce soit chez Faulkner, le Manosque de Giono, le Macondo de García Márquez,... c’est un village comme un autre. Bien sûr on sent le Danemark du XIXe siècle, luthérien, mais on a l’impression que c’est une allégorie du village universel. Et cette Française qui fuit la Commune, la guerre civile, débarque comme n’importe quelle émigrée. On sent qu’elle rompt avec quelque chose, et c’est ce que j’ai trouvé le plus beau. Cette simplicité universelle et en même temps très régionale. On sait où on est, et on sent le poids des choses. C’est rare à trouver. Et puis il y a cette fin incroyable où on voit cette femme qui a tout sacrifié pour préparer un banquet incroyable et qui finit ruinée. Une autre femme lui dit alors “mais maintenant tu es pauvre”, et elle répond « un artiste n’est jamais pauvre ». J’ai l’impression que j’ai cette phrase tatouée dans la mémoire.