L’atelier d’Alberto Giacometti
Jean Genet - 1958
De 1954 à 1958, Jean Genet (1910-1986) pose pour le célèbre sculpteur suisse (1901-1966). Sa réputation est alors faite (enfant de l’Assistance, fugueur et plusieurs fois incarcéré pour vol), son œuvre étant, pour l’essentiel, derrière lui (Notre-Dame-des-Fleurs, Les Bonnes, Journal du voleur, etc.). Mais dans le récit de ces séances, sous forme de journal ou de dialogue entre les deux hommes, Genet le scandaleux, chantre des bas-fonds et d’une violente virilité homosexuelle, se livre surtout à une réflexion sur l’art. Et en cherchant à percer celui qui le scrute, il écrit un splendide autoportrait : « Il semble que cet artiste ait su écarter ce qui gênait son regard pour découvrir ce qui restera de l’homme quand les faux-semblants seront enlevés ». On se prend à imaginer Mapplethorpe chez Rodin...
