Quelques minutes avec un SDF échoué sur un banc au bord du quai de métro, à laisser passer une ou deux rames, suffisent pour éprouver fugitivement, non pas ce qu’est la vie au bord de la société, mais ce à quoi ressemble pour nous ce moment où nous restons, au lieu de partir. L’expérience de Patrick Declerck, à l’écoute des SDF, ne se compte pas en minutes mais en années. Le film de Claus Drexel est le résultat de longues nuits passées avec les sans-abris. Dans La Vie devant soi, les voisins de Madame Rosa ont un toit ; ils ne sont pas pour autant intégrés à la société, loin s’en faut.