C’est un sublime petit livre de cent vingt pages, une perle de poésie, dans lequel Gilles Lapouge parle de l’âne et de l’abeille que tout oppose, sauf les rapports qu’ils ont entretenus avec les hommes et les peuples. Pour Gilles Lapouge, l’abeille est communiste alors que l’âne est individualiste et capitaliste, mais les deux ont épaulé l’homme dans la construction des cathédrales, pour se nourrir, pour semer, pour cultiver… C’est un livre incroyable, comme une petite encyclopédie des légendes animales. Gilles Lapouge revient aux Grecs d’Homère, passe par Virgil, la poésie du XIXe, par des miscellanées, des petits détails délicieux des sciences naturelles, et il finit par une sorte de grand portrait de notre société. C’est un livre miroir dans lequel on apprend aussi d’où on vient, qui on est, où vont les peuples. Gilles Lapouge avait déjà fait, avec Utopies et civilisations ou Les Pirates - qui est un chef-d’œuvre absolu – des livres qui parlent de nous à travers des sujets périphériques. Il a également écrit un atlas des pays imaginaires époustouflant. C’est aussi quelqu’un avec qui j’aurais beaucoup aimé boire une bière.