L'Amérique
J’avais un apriori énorme sur Kafka. J’avais lu la
Métamorphose qui avait eu un effet assez puissant quand j’avais 18 ans, mais j’en étais resté au caractère surnaturel, à la dimension fantastique de la
Métamorphose. A l’époque, je n’étais pas capable d’en embrasser tous les contours. Peut-être pas plus aujourd’hui ! Et puis, il y a ce qualificatif qu’est devenu Kafka et qui renvoie à un buisson d’incompréhensions, à un univers carcéral, une condition humaine désastreuse. Mais j’ai lu
L’Amérique, roman inachevé qui n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais, qui est aussi un formidable livre d’aventures qui, bien que Kafka n’y ait jamais mis les pieds, parle avec truculences et inventions de l’Amérique moderne, balbutiante. Il fait même porter à la statue de la Liberté un glaive au lieu d’un flambeau ! Je ne sais pas s’il l’a fait volontairement ou pas, mais ça m’a amusé. Je le recommande notamment à tous ceux qui, comme moi, auraient un apriori à cause de ce que son nom a donné comme adjectif.
Cette oeuvre est présente dans :