“Bérénice Pichat parvient à donner vie à la conscience du patient, du blessé. La découverte de son état par sa femme, dans une salle militaire saturée par le sang et les gémissements, est mémorable. Mais la grande réussite du livre, ce qui en fait le cœur, c’est le choc des consciences, puis le corps à corps entre cet homme détruit et la bonne meurtrie. Les scènes où elle se dénude devant lui après l’avoir lavé pour lui révéler ses propres blessures (coups de « son homme », avortement clandestin et tardif, vieillissement prématuré), où elle met une clope dans ce qui lui reste de bouche, où elle lui coupe les cheveux, sont des visions abouties : les deux victimes parviennent à échanger leurs expériences au-delà de leurs conditions.” Philippe Lançon - Libération