Quand il a été créé, en 1933, Superman n’avait pas de défaut, il incarnait l’ordre, la justice et la morale. Peu à peu, avec Chandler, Hammett et le film noir, jusqu’aux contre-cultures des années soixante, le « mal » n’est plus clairement identifiable et, histoire de rester crédible, celui qui le combat a, parfois, des comportements jugés limites par la morale. Cela donne l’Inspecteur Harry. On franchit carrément la ligne rouge avec Nicholas Brody, Dexter, Omar ou Saul Goodman. On ne s’identifie plus forcément au personnage dont on suit les aventures, et l’on ne cautionne plus ses actes : on contemple simplement sa chute.