La Chute d’Icare

Pieter Bruegel - 1558

Le titre de ce tableau a donné son titre à une chanson, puis à l’album. C’est un tableau que j’ai découvert il y a une douzaine d’années à Bruxelles. Quand on est face à ce tableau sublime, d’une grande beauté tranquille avec un paysan au premier plan qui laboure son champ, un autre qui regarde le ciel, un beau ciel bleu, un paysage très italien, ensoleillé, on cherche désespérément Icare et on ne le trouve pas. Et puis on aperçoit, en bas à droite, une paire de jambes qui sort de l’eau et on comprend que c’est Icare qui se noie et que personne ne regarde. C’est une belle manière de parler de nous, de l’humanité. On est comme lui, on est un détail dans le coin du tableau face à l’immensité, à ce qui nous dépasse, face aussi à ce qu’on abîme, qu’on rend inhabitable, mais on refuse de regarder à cet endroit où on est entrain de se noyer nous-même. Le souvenir de ce tableau m’est revenu au moment où j’avais cette musique assez baroque en tête. Beaucoup de choses très inspirantes ont été dites sur ce tableau, notamment par Elie Faure.