« Ces derniers mois, j’ai passé pas mal de temps à jouer de la guitare, et j’ai beaucoup écouté Jim Hall qui a joué avec d’innombrable musiciens, multiplié les collaborations, notamment avec le Jimmy Giuffre Trio - clarinette, contrebasse, guitare. Jim Hall est passé par l’étude de l’instrument dans sa totalité, l'harmonie, le manche, la virtuosité, la vélocité pour, petit à petit, faire un travail de soustraction jusqu’à arriver à l’épure qui fait penser aux silhouettes de Giacometti. Ce travail de synthèse, de l’unique, voire de la monade, est quelque chose que j’apprécie beaucoup, dans tous les domaines d’expression. La concentration, une certaine forme d’essentiel, tout ça je l’entends dans la musique, comme dans la littérature ou la peinture. Jim Hall a une approche un peu scientifique, un peu mathématique, mais en même temps très sensible. Ce n’est pas du minimalisme, c’est de la densification. »