S’il faut retenir un seul thème traversant toute l’œuvre de Goscinny, c’est celui-là : l’enfance et l’adolescence, observées avec une tendre nostalgie (avec Gotlib dans Les Dingodossiers, avec Cabu dans la chronique des « potaches ») ou utilisées pour porter un regard faussement naïf sur le monde (avec Sempé dans Le Petit Nicolas, chez Gotlib encore). L’homme ne s’est jamais épanché, mais cette constante doit sans doute beaucoup à sa propre jeunesse (il est né à Paris de parents juifs polonais, a émigré en Argentine à deux ans puis s’est formé aux États-Unis et en Belgique), une mine d’expériences dont il a tiré bien des scénarios.