Mai 68 n’a pas épargné la rédaction de Pilote. Parce qu’il portait costume et cravate, Goscinny fut alors sévèrement jugé par un « tribunal populaire » de jeunes dessinateurs décidés à porter la révolution jusque dans leurs cases. La plupart l’ont regretté par la suite, avouant qu’ils s’étaient révoltés moins contre un patron que contre un père : pour la plupart, ils étaient entrés dans ce journal débutants et cantonnés dans un genre, mais y trouvèrent leur voie et leur style pour avoir travaillé avec Goscinny. C’est à lui que l’on doit l’éclosion de Gotlib, Giraud, Fred, Druillet, Cabu et tant d’autres.