La longue nouvelle de James Joyce fut adaptée au cinéma en 1987 par John Huston qui décédera quelques semaines après le clap de fin. Pendant le tournage il avait répondu au Monde : "C'est l'écrivain (James Joyce) qui a été le plus déterminant dans ma vie. Ulysse a ouvert les fenêtres, et la lumière est entrée. C'est le premier livre de lui que j'ai lu. Ma mère m'en avait apporté un exemplaire de la Shakespeare Press de Paris. J'avais vingt et un ans, je venais de me marier... et c'est ma femme qui m'a lu Ulysse à haute voix. L'impact a été énorme. J'ai voulu tout lire de Joyce. Avant et après Ulysse. De Dublinois à Finnegans, dont je ne comprends pas tout, mais ce n'est pas nécessaire de tout comprendre. Le style de Dublinois est d'une clarté absolue. Limpide. Les nouvelles de Joyce sont à l'Irlande ce que celles de Tchekhov sont à la Russie. Ça m'étonnerait que Joyce n'ait pas été influencé par Tchekhov. Je crois bien qu'il le dit lui-même quelque part." Tout un symbole pour celui qui s’est fait naturalisé irlandais en 1964.