16 janvier 2026
Après François Corteggiani (scénario) et Colin Wilson, puis Michel Blanc-Dumont (dessin), c’est au tour des complices Joann Sfar et Christophe Blain de s’attaquer au mythique Blueberry, créé en 1963 par la paire Charlier - Giraud. La surprise vient de l’option retenue par Blain pour le dessin qui, contrairement à ses prédécesseurs, ne cherche pas à coller aux standards créés par Giraud, mais reste fidèle à son style.
Pour ce deuxième tome, Ed Piskor poursuit son histoire mutante. De la relève des X-Men avec Wolverine et Tornade, jusqu'à l'arrivée de la super-vilaine Malicia en passant par la saga du Phénix Noir ou Days of Future Past, on retrouve en moins de cent pages un âge d'or des séries mutantes.
Fripouille sympathique, don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu'on appelait encore les Indes au siècle d'or. Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l'Amazone, jusqu'à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l'Eldorado ! La grande BD d’aventure à toujours de beaux jours devant elle.
Couleurs de l'incendie, roman de Pierre Lemaitre, fait suite à Au Revoir là-haut déjà adapté par Christian De Metter en 2015. Là encore, fidèle au roman, De Metter (Nobody 2016) apporte une nouvelle dimension à ce récit qui se déroule dans les années trente, et qui met en scène une riche héritière qui se débat contre des requins de la finance qui veulent la dépouiller de sa fortune.
Devenu l'un des auteurs emblématiques de la « nouvelle bande dessinée », avec plus de 160 livres à son actif, Lewis Trondheim s'est essayé à tous les genres. Il est aussi cofondateur de l'Association. Cette année, à Angoulême, il est à l’honneur à l'occasion de l'exposition « Lewis Trondheim fait des histoires » présentée au musée de la Bande dessinée jusqu’au mois de mai 2020.
Douze nouveaux épisodes de la vie d'Ariol, le craquant petit âne à lunettes qui connaît tous les problèmes existentiels des enfants timides et attachants... Dans ce 12e volume on retrouve la roublardise de Ramono, la timidité de Bisbille, la vacherie de Pétula... et tous les autres ! Aucun doute, la magie d'Ariol opère toujours ! Emmanuel Guibert, auteur tout-terrain, vient de recevoir le Grand prix de la ville d'Angoulême.
Avec Les entrailles de New York, Julia Wertz – illustratrice pour de nombreux magazines américains - nous raconte une histoire « inconventionnelle » (le titre anglais est An Unconventional Illustrated History of New York City) avec des dessins qui nous montrent l’évolution de la ville dans le temps à travers des façades d’immeubles, des détails architecturaux, et même une recette de cocktail… Bon voyage.
Absorbé par l'image déformée que lui renvoie le grille pain en face de lui, Brian Milner s'aperçoit qu'il est en train de dessiner un auto-portait. Dans la pièce derrière lui, à des années lumières de sa propre pensée, ses amis font la fête. Le premier tome de cette nouvelle série, prouve une nouvelle fois le génie de Charles Burns à travers son aptitude à s'emparer de sujets toujours plus complexes, tout en créant des liens délicats entre les disciplines artistiques.
Arthur Cravan, poète dadaïste, boxeur, neveu d’Oscar Wilde, éditeur de la revue Maintenant, rencontre sur le ring, en 1916, à Barcelone, Jack Johnson, le premier champion du monde de boxe noir aux USA - figure tutélaire de Miles Davis ou Muhamed Ali. C’est l’histoire de cette rencontre improbable que racontent Nine Antico et Grégoire Carlé dans ce grand format en noir et blanc.
Quand ils écrivent leur premier article sur Benalla, les journalistes du Monde, Ariane Chemin et Francois Krug, sont loin d’imaginer le retentissement de ce qui deviendra une affaire d’État, avec barbouzes, costumes de bonne facture, footballeurs, armes à feu, vidéos bidonnées et, bien sûr, valise de cash. Un scénario tout ficelé auquel Julien Solé (Zéropedia 2018) a donné vie.
L’histoire est désormais oubliée mais elle fit sensation au Japon : une femme avait vécu dans une maison qui n’était pas la sienne - à l’insu de celui qui l’habitait. Cet homme, célibataire et méthodique, soudainement suspicieux et saisi par un pressentiment, vérifie le contenu de son frigidaire et constate, dès le lendemain, que sa bouteille de jus d’orange a diminué de sept centimètres… Le dessin d’Agnès Hostache rappelle les films du cinéaste Ozu. Ses cadrages d’intérieurs, par exemple, délivrent une atmosphère douillette mais, dans le même temps, propice à l’inquiétude.
Avec un album devenu culte (Zaï zaï zaï zaï 2015, 200 000 exemplaires vendus, adaptation au théâtre et prochainement au cinéma), Fabcaro, en portant l’absurde au rang de grand art, est devenu un auteur indispensable. « J'avais envie de faire une BD en jouant avec les codes de la tragédie, avec des actes, une unité de lieu, de temps ; un repas de famille où on ne sait pas quoi se dire. Ça dit quelque chose des familles d'aujourd'hui, mais j'espère que celle-là n'existe pas, car j'ai poussé tout de même le curseur de l'absurde très loin. » Fabcaro