On l’appelait « le parrain du punk » : il faut dire que le nihilisme de William Burroughs, sa vision paranoïaque du système et son prosélytisme en matière de drogues avaient trouvé un écho favorable chez les punks, les Ramones, les New York Dolls et Joe Strummer des Clash se déclarant même largement influencés par l’univers et la technique d’écriture aléatoire de l’auteur du Festin nu. Burroughs revendiquait lui-même volontiers la filiation et, à l’occasion du scandale déclenché par le titre God save the queen, il volait même au secours des Sex Pistols : « Je suis solidaire des Sex Pistols parce que c’est une critique constructive, nécessaire d’un pays en faillite. » Plus près de nous, en France, la fin des années 1970 et le début des années 1980 coïncident avec les derniers feux des utopies de même qu’avec une période d’intense créativité artistique.