En 1936, le jour de ses douze ans, William quitte l’Angleterre et se rend en Espagne. Il traverse un pays à feu et à sang pour les beaux yeux de sa dulcinée, afin de percevoir le gros lot de la loterie nationale. Accompagné de Passe-montagne, éloquent écuyer muet, il croisera Federico García Lorca, une tueuse sadique, Doña Pilar et son mannequin à roulettes, un sniper aveugle, les gardiennes du pont, tous issus de l’ordre noir ou du chaos rouge. “Dans El Gordo, les témoignages sont puisés dans ma propre famille. Du côté de mon père l’engagement était clairement franquiste mon grand-père ayant abandonné femme et enfants pour s’engager dans la phalange et participer au siège de Madrid, et du côté de ma mère s’était tout le contraire puisque mon grand-père était proche du président du gouvernement basque (Aguire) et aidait les réfugiés basques. Je voulais faire un remake de Don Quichotte (projet maudit s’il en est) parce que c’était le meilleur moyen pour traverser l’Espagne en guerre du nord au sud. Un moyen élégant, fluide.”