Dumala
Eduard von Keyserling
1908
J’ai beaucoup pensé à lui sur mon dernier film. C’est un écrivain issu d’une grande famille de l’aristocratie prussienne, mort dans les années vingt, et qui a écrit sur la fin de ce monde-là. On est dans le nord de l’Allemagne, aux frontières des pays Baltes. Les saisons sont très présentes comme si la vie des personnages était liée aux saisons qu’ils traversent. L’hiver, il fait très froid, de vieux aristocrates, dissertent au coin du feu en se disant que plus jamais les jeunes ne vivront comme eux... On pense au Tchekhov de
La Cerisaie, une mort lente. Il y a cette excellence dans l’écriture, cette prose très juste. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans, tous très courts. Il faut que le récit soit concis pour que l’image reste forte. Peu de mots, des dialogues ciselés comme des bijoux. Chaque phrase à une signification précise. Ces gens-là ne parlent pas pour ne rien dire. Mon film
La Villa est très imprégné par cette ambiance.
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