16 janvier 2026
Née aux États-Unis au début des années 1970, la musique disco devient rapidement un phénomène planétaire. À rebours des clichés, cette exposition rend justice à la fulgurance de cette musique fortement ancrée dans l’histoire et la culture noires des États-Unis, héritière de la soul, du gospel et du funk. (Extrait du catalogue)
Mondialement popularisé par la musique des Bee Gees qui reste une des plus grosses ventes de l'histoire du disque, La Fièvre du samedi soir est avant tout un film dramatique, l'histoire d’un jeune prolo (John Travolta), star de son quartier, qui rêve d'échapper à la médiocrité de sa vie mais qui, excepté un don extraordinaire pour la danse, n'a pas les clés pour échapper à son destin d’employé dans une quincaillerie. Un thème qui n'est pas sans rappeler, dans un genre moins dansant, Rocky de Sylvester Stallone sorti un an plus tôt.
Entreprise peu courante, Whit Stillman a novélisé lui-même le scénario de son film éponyme pour en tirer un roman dans lequel James Steinway, l'un des héros du film, danseur et publicitaire mais aussi - on le découvre - écrivain frustré, se voit proposer d'écrire le roman du film. Vingt ans plus tard, James Steinway revient sur les événements, à commencer par le succès du film lui-même, qui ont transformé les vies des personnages centraux qu’on a découverts dans le film, dont Alice et Charlotte. “Les Derniers Jours du Disco renverse les poncifs attachés à la littérature des années 1980, ce n'est plus le roman jaloux des strass du cinéma, mais le cinéma qui aspire à la profondeur du roman.”
A la fin des années 70, la musique de Chic irradia les pistes des clubs du monde entier. “Le Freak”, “Good Times”, “My Feet Keep Dancing”... ces titres transformèrent les pistes de danse en sauna. Après la dissolution du groupe en 1982, Nile Rodgers et ses riffs de guitare se mirent au service de Diana Ross, David Bowie, Sister Sledge, Sheila, Debbie Harry et plus récemment Daft Punk. On appelle ça une carrière bien remplie. Et si un jour vous croisez son album solo Adventures In The Land of The Good Groove chez un soldeur, vous saurez que les fées du groove se sont penchées sur votre berceau.
Supernature est l'album pivot de la carrière de Cerrone, vendu à plus de 8 millions d'exemplaires et avec lequel, en 1978, il rafla cinq récompenses aux Billboard Awards (meilleur album instrumental, meilleur artiste masculin, meilleur album, meilleur producteur et meilleur compositeur), et le Golden Globe de meilleur producteur de l'année. À l’époque de sa sortie en vinyle, la première face sont entièrement électro à l'exception de la batterie, sur la deuxième face les trois morceaux sont orchestrés dans le plus pur style disco. A noté que sur les deux faces, tous les titres étaient enchainés.
Avec les seize minutes de Love to Love You Baby, largement inspiré du “Je T’aime… moi non plus” du duo Gainsbourg/Birkin (1967), et qui occupe toute la première face de l’album du même nom, Giorgio Moroder fit de Donna Summer la Reine du disco dont elle restera à jamais l’icône, ainsi que l’égérie de la communauté gay, tout comme Gloria Gaynor avec « I Will Survive » (1978), ou Diana Ross avec « The Boss », la même année, avant la déferlante « I’m Coming Out » en 1980.
Un peu d'histoire et quelques repères pour savoir avec quoi garnir son juke-box. Pardon, sa playlist.
Il faut reconnaître à David Bowie d'avoir toujours su sentir les tendances à venir. Alors que le Glam rock, dont il était la figure de proue, atteignait des sommets, Bowie décida d’enregistrer un album de soul-funk à Philadelphie, alors l’épicentre du funk le plus sophistiqué. Et comme l’histoire est belle, Young Americans fût un succès critique et public, notamment grâce à “Fame”, un morceau co-écrit avec John Lennon. Les Rolling Stones suivront la voie du disco ouverte par Bowie un an plus tard avec “Hot Stuff”, puis avec “Miss You” en 1978, Rod Stewart leur emboitera le pas avec son tube “Da Ya Think I'm Sexy ?” en 1978 également, tout ça trois ans après Bowie qui, lui, avait déjà la tête tournée vers Berlin. Visionnaire on vous dit.
Au moment où le disco émerge, la salsa enflamme déjà les pistes des clubs de l’East Harlem, notamment celles du fameux Cheetah club. Le Fania All-Stars, comme son nom l'indique, regroupe les plus grands noms de la musique portoricaine du moment ; Rubén Blades, Johnny Pacheco, Willie Colón, Ray Barretto, Celia Cruz… Leur succès est tel qu’un concert est organisé en août 1973 au Yankee Stadium, alors le plus grand stade de New York avec 60 000 places. Petit rappel, c’est sur un morceau de salsa que danse le couple Portoricain qui affronte John Travolta et Stephanie dans le concours de danse de La Fièvre du samedi soir.
Durant les cinq petites années que raconte en détail ce livre, New York, ville sinistrée, à la dérive, rongée par la misère, la violence et la drogue, va devenir un formidable laboratoire musical dont vont sortir le punk, le disco, le hip-hop, le jazz le plus avant-gardiste et les musiques contemporaines les plus audacieuses. Cinq ans qui vont non seulement changer la ville, mais aussi la musique. La salsa explose à l’est de la 125e rue, le rock des New York Dolls assomme le Waldorf Astoria, les graffitis commencent à recouvrir les murs de la ville et les wagons du métro… Et ce n'est qu'un début !
Si Detroit est la ville de la Motown, Nashville celle de la country, Memphis celle du label Stax, Philadelphie est la ville du fameux Philly Sound, ce funk aux arrangements de cuivres et de cordes qui atteignent un degré de sophistication jamais entendu, et sur lesquels glissent les voix feutrées de Teddy Pendergrass, Patti LaBelle, des O'Jays, de Billy Paul… L'occasion est belle de réécouter les perles du label Philadelphia International Records produites par la paire Gamble and Huff, mais aussi la crème du label Soul Funk précurseur du disco avec MFSB, H.Melvin and the Blue Notes, The Trammps etc… À noter qu’on retrouve “K-Jee” de MFSB, et “Disco Inferno” des Trammps sur la bande son du film Saturday Night Fever, aussi connu sous le titre La Fièvre du samedi soir…
Dès la fin des années quatre-vingt Dimitri from Paris s’est imposé comme LE remixeur, celui qui allonge les titres pour les DJ. Puisque le disco est à l’honneur, pas de raison de se priver, voici donc trente-six titres retravaillés par le maître ès temps long.