Paradoxe français : nos valeurs doivent beaucoup aux artistes, mais s’ils les ont souvent imposées en bataillant contre le pouvoir, ils entretiennent avec lui une relation de dépendance. Dans notre Etat centralisé et interventionniste en matière culturelle, le poids de la commande publique (et plus largement le nombre de postes à occuper et des récompenses à recevoir) conditionne plus qu’ailleurs le travail des intellectuels. Et il n’y a qu’un pas de «l’intellectuel engagé» à «l’artiste de cour», qui par conviction ou fascination se met au service du gouvernement.