Construire un feu
Dans la foulée de L'Île au trésor, j’ai lu L’Appel de le forêt, Croc blanc, ces romans qu’on met dans les mains des enfants. Avec eux j’ai découvert la force de ces auteurs américains qu’on lit avec la même délectation à dix ans comme à soixante. Il y a chez eux cette puissance universelle de la fable qui traverse le temps et qui tient à la force de l’évocation, à une écriture de la description, une écriture très matérialiste, incarnée. Dans ce court texte de Jack London, on suit un trappeur, accompagné de son chien, en pleine tempête de neige, qui, pour survivre, doit à tout prix allumer un feu, construire un feu – le verbe est important qui dit toute la matérialité de l’écriture de London, son attention aux gestes. Malgré la brièveté du récit et une grande économie de moyens, la tension dramatique est immense, et inépuisable, lecture après lecture.
