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Jazz Divas

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Depuis que le jazz existe, les chanteuses tiennent le haut du pavé. Et si beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis le temps où Bessie Smith ou Ma Rainey chantaient le blues dans des bouis-bouis, les divas du genre, en 2013, mènent toujours la danse. À l’occasion du Festival de jazz de Marciac, du 26 juillet au 15 août (http://www.jazzinmarciac.com), qui accueille cette année plusieurs grandes voix féminines, dont l’immense Diana Krall, coup de projecteur sur la chanteuse de jazz.

Jazz Belle

Marie & Joseph
1987 - Série Noire
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Jazz Ladies

Stéphane Koechlin
2006 - Hors Collection
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La dame est une traînée

Joos / Villard
1991 - Futuropolis
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Straight Ahead

Abbey Lincoln
1961 - Candid
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Free Jazz Black Power

Philippe Carles , Jean-Louis Comolli
1971 - Folio
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Nina Simone

David Brun-Lambert
2005 - Flammarion
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Avec mon meilleur souvenir

Françoise Sagan
1984 - Folio
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Lioness : Hidden Treasures

Amy Winehouse
2011 - Universal
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The Blue Room

Madeleine Peyroux
2013 -
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Chico & Rita

Fernando Trueba
2011 -
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Lento

Youn Sun Nah
2013 -
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Lady Sings The Blues

Billie Holiday
1956 - Parenthèses
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Glad Rag Doll

Diana Krall
2012 - Universal
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The Absence

Melody Gardot
2012 - Universal
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Once Upon a Summertime

Blossom Dearie
1958 - Universal
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Jazz Belle

Marie & Joseph - 1987 - Série Noire

En 1983, les mystérieux Marie et Joseph (alias Corinne Bouchard et Pierre Mezinski) entament une véritable saga musicale noire avec Chaudes Bises, polar satirique situé au Festival de Bourges. La série continuera avec des romans bluesy (comme Si t’as peur, jappe, en 1984), où ce polar très jazz de 1987, racontant les pérégrinations (sanglantes) d’une chanteuse de jazz à travers la France et l’Italie.

Jazz Ladies

Stéphane Koechlin - 2006 - Hors Collection

De l’histoire des chanteuses de jazz vu comme une course d’obstacles. L’auteur de ce livre plaisant, souvent surprenant, revient sur le long chemin de croix des chanteuses d’avant-guerre. Sur le destin tragique de bon nombre de ces grandes voix. Sur le militantisme de beaucoup de ces femmes, luttant pour les droits civiques autant que pour leur propre reconnaissance. Sur le succès planétaire des divas actuelles, enfin, interprètes d’un jazz en perpétuelle évolution.

La dame est une traînée

Joos / Villard - 1991 - Futuropolis

Tirée d’une comédie musicale des années trente, Lady Is a Tramp est avant tout un énorme standard du jazz, repris par à peu près tout le monde, immortalisé par Sinatra ou Ella Fitzgerald durant les fifties, et récemment remis au goût du jour par un duo entre le vieux Tony Bennett et l’insensée Lady Gaga. C’est aussi le titre d’un excellent polar jazz de Marc Villard, sorti en Série Noire en 1989 et adapté en BD avec le dessinateur Joos deux ans plus tard.

Straight Ahead

Abbey Lincoln - 1961 - Candid

Accompagnée en 1961 de quelques grandes pointures (Mal Waldron, Coleman Hawkins, Booker Little, Eric Dolphy...) et de son compagnon Max Roach (l’année précédente, elle chante d’ailleurs dans un album légendaire du batteur, We Insist !), Abbey Lincoln pleure le blues, hurle le jazz, à la manière d’un discours de Malcom X, avec une urgence qui ne laisse que peu de place aux artifices vocaux.

Free Jazz Black Power

Philippe Carles , Jean-Louis Comolli - 1971 - Folio

La Bible, pour tous ceux qui s’intéressent à la grande flambée du free jazz, à ses racines musicales et politiques, et plus globalement à l’histoire du jazz et ses rapports avec l’histoire des luttes des Noirs américains. Un brillant essai, remarquablement documenté, « made in Jazz Mag » durant les seventies, assorti d’un petit dictionnaire de 260 musiciens free.

Nina Simone

David Brun-Lambert - 2005 - Flammarion

Elle avait voulu être pianiste classique. Mais quand on naissait Noire, à cette époque-là, seul le jazz était de bon aloi. Nina Simone (en hommage à Signoret) chanta toute sa douloureuse vie ses humeurs noires et ses révoltes, son engagement aux côtés de Malcom X et Stokely Carmichael comme ses déroutes amoureuses, prouvant jusqu’au dernier souffle, en 2003, que les chants les plus beaux sont (malheureusement) les plus désespérés.

Avec mon meilleur souvenir

Françoise Sagan - 1984 - Folio

« C’était une femme fatale, dans le sens où la fatalité s’en était prise à elle dès le départ et ne l’avait jamais quittée. » Lors d’un voyage à New York en 1956, Françoise Sagan passe toutes ses nuits dans une boîte enfumée de la Grosse Pomme où chante Billie Holiday et devient amie avec elle. Elle la reverra deux ans plus tard, à Paris, amaigrie, vieillie, à quelques mois de sa mort, et écrira bien plus tard, dans ce petit recueil de souvenirs (où l’on croise aussi Sartre, Noureev ou Tennessee Williams), cette bouleversante évocation de la grande chanteuse de jazz.

Lioness : Hidden Treasures

Amy Winehouse - 2011 - Universal

Un destin tragique, fait d’excès en tous genres. Une vie météorique (la chanteuse disparaît en juillet 2011, à 28 ans à peine). Une voix que beaucoup comparaient régulièrement à celle de Sarah Vaughan, d’Ella Fitzgerald ou de Dinah Washington. Un mélange de soul, de blues, gorgé de swing, et un duo presque hors sujet avec Tony Bennett... Amy Winehouse incarne peut-être, au début de ce siècle, le mythe de la chanteuse de jazz née sous une mauvaise étoile.

The Blue Room

Madeleine Peyroux - 2013 -

Née à Athens (Georgie) et longtemps exilée à Paris où elle fit le plus clair de ses études, cette tout juste quadra symbolise à elle seule toute une génération de chanteuses parvenues à maturité. Culture plutôt classique (Billie Holiday, à laquelle sa voix fait penser, mais aussi Ella Fitzgerald ou Bessie Smith), solides influences pop et country (le fantôme de Patsy Cline se profile parfois dans ses albums) : Madeleine Peyroux ne doute de rien et ça lui réussit.

Chico & Rita

Fernando Trueba - 2011 -

L’histoire d’amour mouvementée entre une chanteuse et un pianiste de jazz, dans le Cuba de la fin des années quarante, puis dans le New York nocturne du début de la décennie suivante. Rutilantes Cadillac, costumes zoots, somptueux dancings, cocktails colorés, mode latino et jazz de légende (de Dizzy Gillespie à Thelonious Monk) : ce film d’animation rythmé par la musique possède avant tout la vertu de retracer une période dorée pour le jazz et ses divas.

Lento

Youn Sun Nah - 2013 -

La jeune Coréenne Youn Sun Nah a découvert le jazz « sur le tard », en débarquant en France pour étudier au conservatoire Nadia et Lili Boulanger. Elle s’est bien rattrapée depuis, allant même jusqu’à décrocher la gloire en 2011 (en Europe comme en Asie) avec l’album Same Girl. Mais cette vocation tardive explique peut-être la subtile distance que notre chanteuse du Pays du Matin Calme et du Gangnam Style met dans son approche du jazz.

Lady Sings The Blues

Billie Holiday - 1956 - Parenthèses

« On a beau se couvrir de satin blanc jusqu’aux nichons, se mettre des gardénias dans les cheveux, ne pas voir de canne à sucre à perte de vue, c’est comme si on travaillait toujours dans une plantation. » La chienne de vie de la mythique chanteuse de jazz, racontée en 1956 par Billie Holiday elle-même, un peu plus de deux ans avant sa mort, à l’hosto, entre deux flics.

Glad Rag Doll

Diana Krall - 2012 - Universal

« Une voix bluesy pleine de tabac et de séduction, de vide et de solitude nocturne, dans un corps superbe de blonde. Un peu de nuit en plein jour. » C’est Martyn Waites, jeune romancier anglais, auteur de Né sous les coups (Rivages/Thriller), qui le dit en parlant de la belle. Derrière l’image sur papier glacé, on trouve les braises d’une voix riche et puissante, à l’aise dans tous les registres, y compris – comme dans ce disque de 2012 –celui de vieilles chansons des années vingt et trente, avec T-Bone Burnett et le guitariste Marc Ribot à la manœuvre.

The Absence

Melody Gardot - 2012 - Universal

Dès son premier album, en 2005 (Some Lessons : The Bedroom Sessions), la blonde américaine annonçait la tendance : un jazz largement métissé. Melody Gardot fait voyager le jazz sans jamais s’égarer, l’embarque (comme dans ce disque de 2012) du côté du Brésil le temps d’une bossa, ou s’attarde sur un brumeux fado, sans jamais perdre de vue le swing qui donne à toute sa musique son âme. Et c’est beau, Gardot.

Once Upon a Summertime

Blossom Dearie - 1958 - Universal

Peu de temps avant sa mort, en 2009, cette grande chanteuse de be bop déclarait avec un œil pétillant : «  Ne dites pas à ma mère que je chante dans un club de jazz, elle me croit encore en prison. » Loin de la puissance des grandes chanteuses noires, Blossom Dearie symbolisait dans les années cinquante, soixante (et au delà, notamment à travers des musiques de films), d’une voix juvénile, très haut perchée, l’élégance et la fraîcheur d’un jazz léger.

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