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Black magic Beyoncé

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Sur la route depuis déjà quelques jours, Beyoncé Knowles passe par Paris (Bercy). Elle y présentera son très attendu nouvel album, annoncé comme un nouveau carton planétaire. À trente-quatre ans, la black diva, qui a déjà vendu la bagatelle de cent millions de disques, reste l’une des figures les plus populaires de la musique pop. Une artiste fascinante, entre féminisme affirmé et sex-symbol clinquant, dans la lignée de bon nombre de grandes voix noires de la musique américaine, jouant avec l’univers macho du hip hop sans s’en laisser compter.

Thriller

Michael Jackson, Quincy Jones
1985 - Epic
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Foxy Brown

Jack Hill
1974 - AIP
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Austin Powers dans Goldmember

Jay Roach
2002 - New Line Cinema
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The Life and Times of S.Carter Vol. 3

Jay-Z
1999 - Def Jam
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Shock Value

Timbaland
2007 -
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Femmes, race et classe

Angela Davis
2007 - Éditions des Femmes
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Survivor

Destiny's Child
2001 - Columbia
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Black feminism

Elsa Dorlin
2008 - L'Harmattan
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River Deep, Mountain High

Tina Turner
1966 -
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Pimp

Iceberg Slim
1967 - Points
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Complete Columbia Recordings

Bessie Smith
2012 - Sony
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Ella and Basie !

Ella Fitzgerald , Quincy Jones
1963 - Verve
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Songs in A Minor

Alicia Keys
2001 -
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Good Girl Gone Bad

Rihanna
2007 - Def Jam
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4

Beyoncé
2011 - Columbia
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Thriller

Michael Jackson, Quincy Jones - 1985 - Epic

« On a écrit une page d’histoire tous les deux. C’est la première fois qu’un jeune Noir gagnait les cœurs du monde entier, de huit à quatre-vingts ans. Ça faisait tomber bon nombre d’énormes barrières », écrit le producteur de Thriller, Quincy Jones, dans ses Mémoires. Le chef-d’œuvre de Michael Jackson balaie le funk, la soul, le rhythm & blues, le disco. Il influencera bien des artistes blancs et noirs, de Rick James à Justin Timberlake, et Beyoncé s’est même inspirée de la ligne de basse de « Beat It » pour l’une de ses chansons les plus connues, « Sweet Dreams ».

Foxy Brown

Jack Hill - 1974 - AIP

À la fin des années 1960, le mouvement « blaxploitation » revalorise l’image du Noir américain au cinéma. Des réalisateurs comme Gordon Parks (Shaft) et Melvin Van Peebles en sont les ambassadeurs. L’un de ces films funky les plus connus est Foxy Brown de Jack Hill. Cette gloire est surtout due à son actrice sexy Pam Grier, incarnant une femme noire fière et conquérante, qui se fait passer pour une prostituée pour venger l’assassinat de son fiancé par des gangsters. Future égérie de Quentin Tarantino, Pam Grier deviendra un modèle pour de jeunes générations de black sex symbols pas très décidées à s’en laisser conter.

Austin Powers dans Goldmember

Jay Roach - 2002 - New Line Cinema

Bien avant Jean Dujardin et OSS 117, le super agent secret type James Bond a été parodié dans la série des films Austin Powers. Le héros, photographe de mode le jour, et espion la nuit, traque son ennemi juré, le docteur Denfer (accompagné de son clone le Mini-Moi dans quelques scènes d’anthologie). Tout l’intérêt de ce troisième volet fort drôle tient une fois de plus au regard amusé sur les années soixante que symbolise Austin Powers, sorte d’obsédé sexuel virevoltant dans un Swinging London fantasmé, et à la richesse d’un casting où l’on retrouve ici Beyoncé, « charmante en fille putative de Pam Grier », comme l’écrit Télérama.

The Life and Times of S.Carter Vol. 3

Jay-Z - 1999 - Def Jam

La trilogie de Jay-Z – Shawn Corey Carter au civil – l’aura imposé comme l’un des meilleurs rappeurs de son temps. Si les fans de hip hop lui reprochent d’être trop commercial, la critique loue une œuvre à la fois douce et mordante, et apprécie ce rap de rue harmonieusement (et génialement) arrangé à grand renfort d’amples orchestrations. Jay-Z a su profiter de sa complicité avec des producteurs habiles comme Timbaland, qui collaborera avec sa future femme, Beyoncé. Une histoire de famille.

Shock Value

Timbaland - 2007 -

Aujourd’hui plus connu comme producteur de Beyoncé et de Madonna, le rappeur de Virginie Timbaland a jadis livré quelques solides albums solo. Shock Value, son second disque, est aujourd’hui considéré comme un classique. Électronique et pop, gorgé de samples (Nina Simone, Kool And The Gang...), rempli d’invités « people » en vue comme Nelly Furtado ou Justin Timberlake, il mêle avec efficacité le rap, le R&B, la soul, et s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. Yo !

Femmes, race et classe

Angela Davis - 2007 - Éditions des Femmes

Proche des Black Panthers, Angela Davis a milité contre la guerre du Vietnam durant les années soixante, connu la prison, et surtout, a porté haut les couleurs du féminisme. Dans son livre, Femmes, race et classe, elle raconte l’histoire de ce combat, le mêlant à la lutte des classes et au mouvement de libération des Noires. Un livre fondateur. Pour la petite histoire, lorsqu’en 2009, le cinéaste Rachid Bouchareb envisage de tourner un biopic sur la vie d’Angela Davis, il songe sérieusement à engager Beyoncé pour interpréter l’icône noire. Le projet ne verra pas le jour. Dommage.

Survivor

Destiny's Child - 2001 - Columbia

Quand Beyoncé créé en 1997, avec LaTavia Roberson, Kelly Rowland et LeToya Luckett, le groupe Destiny’s Child sous la direction de son père Mathew, elle n’est encore qu’une adolescente. Elle prendra les commandes du trio trois ans plus tard, au point même d’être comparée à Diana Ross, la chanteuse des Supremes. On trouve déjà dans le troisième disque de Destiny’s Child, Survivor, les thèmes fétiches et populaires de Beyoncé, son regard ironique et provocateur sur les hommes, son affirmation d’une certaine indépendance féminine.

Black feminism

Elsa Dorlin - 2008 - L'Harmattan

Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000. Parue en 1982, cette anthologie du féminisme noir américain sous toutes ses formes (y compris lesbien) réunit des articles de différents chercheurs évoquant les limites de la lutte des femmes pour leur libération et dénonçant le racisme d’un féminisme blanc à l’égard des Noirs. Des textes éloquents, à mettre en perspective avec les lyrics d’une musique noire qui n’a que rarement la langue dans sa poche.

River Deep, Mountain High

Tina Turner - 1966 -

Au milieu des années 1960, Ike et Tina Turner comprennent qu’ils ne pourront pas éternellement jouer ce rhythm & blues rugueux et sexy qui est leur marque de fabrique. Ils décident alors de s’en remettre au producteur arrangeur Phil Spector, grand magicien d’un son grandiose ; scintillant et baroque, River Deep, Mountain High sera le sommet de leur carrière artistique. Un pur chef-d’œuvre, contrastant avec une vie conjugale désastreuse marquée par les violences d’un Ike Turner irascible et défoncé. Le couple se séparera dix ans plus tard. Tina connaîtra alors la lumière à travers la carrière qu’on lui connaît. Ike, lui, restera dans l’ombre, anéanti par ses démons.

Pimp

Iceberg Slim - 1967 - Points

Peu de proxénètes ont raconté leur vie, du moins avec autant de flamboyance et de style. Iceberg Slim, né à Chicago en 1918, signe avec ce livre aux allures de lyrics de gangsta rap un récit autobiographique éloquent, un manuel du parfait maquereau, et une collection de portraits de femmes hauts en couleur. Pimp aura un grand impact sur la communauté noire, au point que le rappeur Ice-T empruntera son nom à Iceberg Slim, et que Jay-Z, dans l’une de ses chansons, « So Ghetto » (bien avant sa rencontre avec Beyoncé), le mentionnera avec respect.

Complete Columbia Recordings

Bessie Smith - 2012 - Sony

On la surnommait « l’Impératrice du blues », et elle affichait une vie souvent outrageuse, dans ce renouveau d’Harlem qui faisait swinguer tout Manhattan. Tout n’a pourtant pas été rose pour Bessie Smith, née en 1894 dans le plus grand dénuement, dans la ville minière de Chattanooga, et morte tragiquement 43 ans plus tard, sur la route de Memphis, dans un tristement banal accident d’auto faute d’être transportée à temps dans l’hôpital le plus proche, réservé aux blancs. Mais ses blues épais comme des verres de gnole ont fait résonner les murs sales des boui-bouis et déchiré le cœur des bootleggers de la Prohibition. Quatre-vingts ans avant Beyoncé, elle fut l’artiste noire la mieux payée de son époque, un véritable modèle pour ses très nombreuses héritières, et une femme écorchée vive, vulnérable et fragile.

Ella and Basie !

Ella Fitzgerald , Quincy Jones - 1963 - Verve

Ella Fitzgerald est la grande star du jazz vocal. Sa manière de swinguer, de « scater », sa bonne humeur artistique, lui ont assuré l’amour d’un large public. Pendant presque un demi-siècle, elle a enchanté les salles de concerts prestigieuses, et les festivals importants, aux États-Unis et en Europe. En 1963, elle sortait un album avec l’orchestre de Count Basie, arrangé par Quincy Jones, devenu un classique du jazz. Beyoncé l’a citée comme l’une de ses influences majeures.

Songs in A Minor

Alicia Keys - 2001 -

En 2001, Alicia Keys sort son premier album, Songs in A Minor, qui se vend à plus de douze millions d’exemplaires. Elle annonce l’âge d’or du R&B, de la nu soul, une brèche dans laquelle s’engouffrent d’autres chanteuses, en particulier sa rivale (mais amie) Beyoncé. Les deux femmes, toutes deux nées en 1981, publiées par la même maison de disques Columbia, partageront en 2009 le morceau « Put It in a Love Song », affirmant ainsi leur familiarité artistique.

Good Girl Gone Bad

Rihanna - 2007 - Def Jam

Plus jeunes que ses deux concurrentes, Alicia Keys et Beyoncé, Rihanna, née en 1988 à la Barbade, connaît une célébrité tout aussi rapide, conquérant un public émoustillé par ses tenues sexy (tendance fétichiste) et son habile mélange de pop dance et de R&B. Chanteuse de tous les records (que ce soit les singles vendus ou le milliard de vidéos vues sur You Tube), la belle est moins chanceuse en amour, et se fait violemment dérouiller par son fiancé Chris Brown en 2009. Le chanteur sera poursuivi pour coups et blessures, et Rihanna mettra plusieurs mois à s’en remettre. Ce qui ne l’empêchera pas de se remettre avec lui début 2013.

4

Beyoncé - 2011 - Columbia

Le quatrième album de Beyoncé marque une nouvelle étape dans sa carrière. Plus sexy que jamais sur la pochette, la star pose en manteau de fourrure, dans une image chic et luxueuse qui pourrait être celle d’un magazine de mode. Dès le premier morceau, elle chante l’amour, appuie ses effets mélos, pour se rapprocher du R&B des années 1980, version Jackson Five. Après des débuts hésitants, 4 s’écoule à plus de trois millions d’exemplaires et permet à la chanteuse de préserver son statut de diva.

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