Vive la Culture ! c'est 743 sélections et 8712 oeuvres choisies à la main.

Rainer Werner Fassbinder

la playlist

En partenariat avec Arte

Rainer Werner Fassbinder disparaît en 1982, à seulement 37 ans, alors qu’il travaillait au montage de son film Querelle. Pour autant, son œuvre comptait déjà à cette époque 44 films pour le cinéma et la télévision. Sa disparition prématurée a laissé un trou béant dans le cinéma allemand et Fassbinder fait désormais partie, aux côtés de Wim Wenders, Volker Schlöndorff et Werner Herzog, des réalisateurs les plus marquants de l’après-guerre. Le 31 mai, Rainer Werner Fassbinder aurait eu 70 ans. A cette occasion, ARTE diffuse le 27 mai un documentaire intitulé Fassbinder, dans lequel témoignent certains de ses compagnons de route tels que Hanna Schygulla, ou encore Juliane Lorenz, sa monteuse et aujourd’hui présidente de la Fondation Rainer Werner Fassbinder. Ce documentaire suivra la diffusion d’un des films les plus connus de Fassbinder Le mariage de Maria Braun.

Berlin Alexanderplatz

Alfred Döblin
1929 - Folio
En savoir plus

Rainer Werner Fassbinder

Thomas Elsaesser
2001 -
En savoir plus

Querelle de Brest

Jean Genet
1947 -
En savoir plus

Gouttes d’eau sur pierres brûlantes

François Ozon
2000 -
En savoir plus

Les succès majeurs de l’Antiteater

Peer Raben, Reiner Werner Fassbinder
1972 -
En savoir plus

Les ordures, la ville et la mort (OVM)

Rainer Werner Fassbinder
1976 -
En savoir plus

Baal

Volker Schlöndorff
1970 -
En savoir plus

Fassbinder – MAINTENANT

6 mai - 23 août 2015 -
En savoir plus

La trilogie de la RFA

Rainer Werner Fassbinder
1979, 1981, 1982 -
En savoir plus

The Crooked Path

Jeff Wall
2011 -
En savoir plus

Le temps d’aimer et le temps de mourir

Douglas Sirk
1958 -
En savoir plus

Berlin Alexanderplatz

Alfred Döblin - 1929 - Folio

Dès le premier paragraphe, Alfred Döblin écrit „Man setzte ihn wieder aus“ (« Il se faisait toujours avoir »), au sujet de Franz Biberkopf, un délinquant tout juste libéré de prison qui doit retrouver ses marques dans le Berlin de la fin des années 20. Lorsque le livre paraît en 1929, Döblin essuie les critiques politiques des partis de gauche et de droite ce qui n’empêche pas le livre d’être un succès commercial. Interdit après 1933, le roman ne paraît à nouveau qu’en 1947 en Allemagne de l’Ouest et en 1955 en Allemagne de l’Est. Fassbinder se prend d’intérêt pour le roman de Döblin qu’il a lu jà 14 ans et l’adapte en une série télévisée de 14 épisodes, série devenue culte.

Rainer Werner Fassbinder

Thomas Elsaesser - 2001 -

Le spécialiste de cinéma Thomas Elsaesser, biographe et historien du cinéma, écrit dans son introduction « une œuvre cachée par la vie » pour caractériser l’œuvre de Fassbinder. Pour lui, on ne peut pas se contenter d’analyser l’œuvre de RWF à travers des anecdotes privées, ni d’en faire une psychanalyse sauvage. Pour Elsaesser, il est plus révélateur d’étudier les sources d’inspiration de RWF de ses films que sa vie singulière et ses tendances à l’autodestruction. Dans cet ouvrage, Elsaesser nous embarque replace l’œuvre de Fassbinder dans le contexte économique politique et culturelle, de la République fédérale allemande de Konrad Adenauer jusqu’à Helmut Schmidt. Les chapitres « Trilogie de la RFA » et « Francfort, les allemands et les juifs » sont particulièrement exceptionnels.

Querelle de Brest

Jean Genet - 1947 -

Ce roman écrit par Jean Genet en prison est paru en 1947 en France et en 1955 en Allemagne où il s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Cette œuvre radicale raconte l’histoire de Querelle, un marin bisexuel dont s’éprennent les hommes comme les femmes et qu’il assassine par luxure et narcissisme. Ce roman, dans lequel Jean Genet règle ses comptes avec la société bourgeoise, fascine Fassbinder : « C’est peut être le roman le plus radical que la littérature mondiale ait connue. Il traite de la contradiction entre une action objective et une fantaisie subjective. » Ce sera le dernier film réalisé par Fassbinder qui le tournera dans les studios CCC de Berlin avec Brad Davis, Franco Nero et Jeanne Moreau dans la distribution.

Gouttes d’eau sur pierres brûlantes

François Ozon - 2000 -

En 2000, François Ozon présente au Festival de Berlin son adaptation cinématographique de la pièce écrite par Fassbinder, avec laquelle Ozon atteint une reconnaissance internationale. Cette histoire peu conventionnelle d’une relation à trois entre un jeune couple et un homosexuel plus âgé inscrit Ozon dans la filiation d’un certain cinéma des années 70. La fameuse scène de danse sur le titre « Tanze Samba mit mir » (« Danse la samba avec moi ») de Tony Holiday a marqué les esprits. A propos du travail de RWF, Ozon dit : « J’aime l’énergie que Fassbinder déploie lorsqu’il tourne ses films, toujours entouré de la même équipe. J’aime sa façon de travailler, rapide et instinctive. Avec lui, on ne met pas cinq ans pour réaliser un film. »

Les succès majeurs de l’Antiteater

Peer Raben, Reiner Werner Fassbinder - 1972 -

Lorsque le jeune comédien Rainer Werner Fassbinder intègre la troupe de l’Action Theater (futur Antiteater) à Munich, celui-ci est alors dirigé par Peer Raben. RWF demande à Peer Raben de composer la musique de son premier long métrage « L’amour est plus froid que la mort ». Les premiers longs métrages de Fassbinder comportent de nombreuses chansons tirées de cette collaboration, chansons qui ont également été interprétées par les acteurs de l’Antiteater. Peer Raben a régulièrement composé les bandes son des films de RWF. En 2004 – soit trois ans avant sa mort, la bande son du film de Wong Kar Wai « 2046 » offre à Peer Raben une reconnaissance internationale.

Les ordures, la ville et la mort (OVM)

Rainer Werner Fassbinder - 1976 -

Le plus gros scandale déclenché par une œuvre de Fassbinder éclate dans les années 70. Dans cette pièce sombre, parfois pornographique, Fassbinder ose faire apparaître un personnage nommé « le juif riche ». Ce spéculateur foncier, homme de pouvoir, ne prend un visage humain que dans les bras d’une prostituée. OVM aborde également le fascisme et l’antisémitisme latent dans la société allemande. Quelques intellectuels, des représentants politiques de la droite et la communauté juive allemande s’insurgent alors violemment contre le prétendu antisémitisme de la pièce. Plusieurs représentations OVM sont interdites et la première représentation de la pièce en Allemagne n’aura lieu qu’en 2009. En 1976, Daniel Schmid adapte OVM au cinéma sous le titre de « L’ombre des anges ».

Baal

Volker Schlöndorff - 1970 -

En 1969, Volker Schlöndorff vient d’essuyer un échec avec son film « Michael Kohlhaas » et souhaite relancer sa carrière en réalisant un film en 16mm pour la télévision bavaroise. Il fait ainsi la connaissance de Fassbinder et de sa troupe de l’Antiteater. Dans la foulée, Schlöndorff découvre au cinéma « L’amour est plus froid que la mort ». Il propose alors immédiatement le rôle principal de « Baal » à Fassbinder, qui, âgé de 24 ans, joue cet écrivain anarchiste affublé d’une veste en cuir. Helene Weigel, héritière de Brecht, est horrifiée en découvrant le film à la télévision en 1970 et en interdit la diffusion ... pendant 44 ans ! En 2014, « Baal » est présenté au cours du Festival de Berlin. C’est l’une des meilleures performances de Fassbinder. Il y interprète lui-même les chansons de Brecht sur une musique de Klaus Doldinger.

Fassbinder – MAINTENANT

- 6 mai - 23 août 2015 -

La grande exposition qui se tient au Martin-Gropius-Bau de Berlin du 6 mai au 23 août, donne un aperçu de l’ampleur de l’œuvre de Rainer Werner Fassbinder. On réalise à quel point les sphères privées et professionnelles s’y mélangent comme le montre cette lettre de sa mère à son « petit Rainer » où, si elle déplore sa situation financière, se réjouit de ses progrès dans son travail sur « Berlin Alexanderplatz ». Une place importante est accordée aux travaux d’artistes contemporains inspirés par Fassbinder tels que Jeff Wall, Tom Greens ou Mong Wong. Autre élément marquant : la collection de films des années 70 de Fassbinder, dans laquelle on retrouve notamment de grands classiques américains.

La trilogie de la RFA

Rainer Werner Fassbinder - 1979, 1981, 1982 -

« Le mariage de Maria Braun », « Lola, une femme allemande » et « Le secret de Veronika Voss ». Trois films au centre desquelles des femmes se débattent avec la vie. Dans « Le mariage de Maria Braun », Hanna Schygulla joue Maria, une femme qui se marie en 1943, puis attend très longtemps le retour de son mari tout en essayant péniblement de survivre dans l’Allemagne d’après-guerre. « Lola, une femme allemande » aborde les envies d’ailleurs et d’exotisme dans la période du miracle économique allemand où un directeur de travaux publics (Armin Mueller-Stahl) s’éprend de Lola, une chanteuse de bordel (Barbara Sukowa). « Le secret de Veronika Voss » est librement inspiré de la vie de l’actrice Sybille Schmitz, décédée dans des circonstances obscures. Le film raconte la vie d’une actrice excentrique et dépendante à la morphine. Un an après la première, RWF décède de ce que certain pense être une overdose de drogue...

The Crooked Path

Jeff Wall - 2011 -

Né au Canada en 1946, Jeff Wall débute une carrière internationale de photographe à 21 ans. Il participe quatre fois à la Documenta de Kassel. Jeff Wall présente ses œuvres imposantes dans des caissons lumineux. Lors de son exposition « The Crooked Path », il présente ses travaux inspirés d’œuvres d’autres artistes. Son tableau « The Destroyed Room » fait référence au film « Les larmes amères de Petra von Kant » de Fassbinder. A propos de RWF, Jeff Wall déclare : « Lorsque j’ai vu ce film dans les années 70, j’étais été fasciné par l’atmosphère extravagante, artificielle et absurde, les couleurs flamboyantes, la lumière claire et les acteurs décalés. » Jeff Wall a ainsi conçu « The Destroyed Room », telle une œuvre représentant un « univers féminin dévasté ».

Le temps d’aimer et le temps de mourir

Douglas Sirk - 1958 -

Né en Allemagne, Hans Detlef Sierck est contraint en 1937 de quitter l’Allemagne nazie avec sa deuxième épouse – qui est juive, et devient connu aux Etats-Unis sous le nom de Douglas Sirk. Sirk est véritablement le maître du mélodrame. Douglas Sirk retourne en Allemagne avec son film anti-guerre « Le temps d’aimer et le temps de mourir », tiré du roman d’Erich Maria Remarque. Il aborde dans cette réalisation la tragique mort de son fils de 19 ans, né d’un premier mariage, alors qu’il combattait sur le front de l’est. Pour Fassbinder, les films de Douglas Sirk sont une révélation. Dans une interview donnée en 1974, il explique : « Depuis que j’ai vu des films de Sirk et que j’ai essayé d’écrire à leur sujet, tout ce que j’essaye de faire s’en inspire. Pas seulement de Sirk lui-même, mais également de tout ce qu’il m’a appris ».

se connecter

Créer votre compte

Vous aurez la possibilité de créer votre médiathèque et sauvegarder les oeuvres de nos sélections
Voulez-vous vous inscrire à notre Newsletter hebdomadaire ?