La route a longtemps été synonyme d’exodes et d’exils, avant que le « hobo » et autre « clochard céleste » ne deviennent des figures romantiques. Avec Kerouac, le fait de tailler la route a acquis cette dimension mystérieuse et fascinante, mêlant soif de liberté et quête de beauté : elle nous libère du poids de la norme. L’errance devient un défi à l’ordre social et un acte d’insoumission. La route, c’est le dernier territoire partagé, celui des marginaux, des exclus. Comme nous sommes peut-être tous des nomades contrariés, on profitera de la réédition du premier texte de Cendrars, Mon voyage en Amérique, pour s’offrir une bonne ventrée d’asphalte. A Long Way from Home…