D’abord appelé « hard-rock » – il était fait de blues et de boogie avant de s’en détacher peu à peu – on parle aujourd’hui de « heavy metal », voire de « metal » tout court… De Led Zeppelin à Metallica, d’AC/DC à Rammstein, le heavy metal, c’est la bande-son de l’aliénation conjuguée au mal de vivre adolescent, c’est l’étendard sonore des exclus et autres losers-nés. C’est aussi la fin du rêve hippie, enterré avec Altamont et les crimes de Charles Manson, et les retrouvailles avec un rock primaire et surpuissant, où le riff de guitares au son saturé et/ou distordu retrouve sa sacro-sainte place. Nourri de comics et de séries Z, c’est aussi un univers qui renoue avec les cultures populaires et qui aime la parodie, quitte à en jouer parfois à l’extrême. Aussi subversif qu’inventif, le metal n’aura jamais cessé de fusionner avec tous les genres, du jazz au rap, et il continue de remplir des stades, tout en restant un mal-aimé. L’heure est donc à la réhabilitation : « Say it loud, I’m heavy and I’m proud. ».