« Certains lieux parlent distinctement », faisait observer Stevenson. Tout comme James Ellroy est « possédé » par Los Angeles, George Pelecanos par Washington, ou encore Jerome Charyn par New York, les écrivains de romans noirs ont souvent leur ville dans la peau, surtout quand celle-ci est une métropole tentaculaire. Les paysages urbains, les cultures et les histoires et légendes sorties des caves et des ruelles sombres façonnent la personnalité des héros – ou des anti-héros – : ils sont souvent piégés par la ville-monstre elle-même, qui devient un personnage à part entière, omniscient et menaçant.