Comme son modèle Harvey Kurtzman, le fondateur de MAD, Goscinny s’est révélé le jour où un éditeur lui a confié un journal, en 1959. C’est pour alimenter Pilote en personnages inédits qu’il a créé Astérix et Iznogoud et qu’il a recruté de jeunes talents comme Gotlib, Giraud et les autres. Homme de presse, il a aussi mis beaucoup de journalisme dans ses BD : les aventures d’Astérix fonctionnent souvent comme des reportages à l’étranger ou dans certains milieux – l’Angleterre des années soixante (Astérix chez les Bretons), le sport (Aux Jeux Olympiques), l’économie (Obélix et Compagnie)… Même sens de l’observation de la société dans bien des Lucky Luke (où l’on peut s’amuser à lire des critiques de la presse, de la justice, de la spéculation…) et dans Les Dingodossiers. À Pilote, il créera aussi les « Actualités », dessinées à chaud par l’équipe chaque semaine, un genre totalement inédit dans la BD d’alors.