Sea Change
Jusqu'à cet album produit par Nigel Godrich, qui sera aux manettes sur le
Chaos and Creation in the Backyard de McCartney, Beck avait une réputation d'amusant touche-à-tout, capable de mêler racines folk et influences hip hop (
Mellow Gold en 1994), auteur de chansons pop impeccables (
Mutations, 1998) ou de réjouissants exercices de style funk (
Midnite Vultures, 1999). Mais voilà qu'une rupture amoureuse le précipite dans ce disque intimiste, d'une profondeur inattendue. Si tout le monde repère les clins d'œil appuyés au Serge Gainsbourg de Melody Nelson (le morceau « Paper Tiger »), ce disque de clown soudain triste rappelle aussi les œuvres les plus personnelles et dépressives de McCartney. La chanson « Lonesome Tears » s'achève même sur une montée de violons psychédéliques digne des Beatles crû 1967.
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