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Miles Davis aurait 100 ans

Comme Picasso en peinture, ou Hitchcock pour le cinéma, Miles Davis est devenu le nom générique de son art, celui qu’on prononce quand on n’en connaît qu’un seul. Comme les deux autres totems, c’est en rebattant plusieurs fois les cartes de son jeu tout au long d’une carrière de près de cinquante ans qu’il a gravé sa légende ; grand ensemble, bebop, cool jazz, hard bop, en quartet, quintet, jazz modal, électrique, Miles Davis a systématiquement exploré les limites de son art, comme un possédé. Le 26 mai prochain il aurait eu 100 ans, il était donc temps de lui rendre hommage à travers cette sélection oh ! combien subjective au regard de la carrière de ce génie.

Miles : l'autobiographie

Miles Davis, Quincy Troupe, Christian Gauffre
1990 - La table ronde
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Bird & Diz 

Charlie Parker, Dizzy Gillespie
1952 - Decca
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Sketches of Spain 

Miles Davis, Gil Evans
1960 - Columbia
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Blue Train

John Coltrane
1957 - Blue Note
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Le meilleur de Kassav

Kassav'
2024 - BMG
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Sign 'O' The Times

Prince
1987 - WARNER RECORDS
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Si tu t'imagines

Juliette Gréco
- Le chant du monde
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Miles in blue ; du Velvet à ECM, l'onde de choc, kind of blue

Richard Williams, Emilien Bernard
2011 - Rivages Rouge
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Betty Davis 

Betty Davis 
1973 - LIGHT IN THE ATTIC
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A Tribute To Jack Johnson

Miles Davis
1970 - Columbia
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Le Sacre du printemps

Igor Stravinsky, Teodor Currentzis
2015 - SONY
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Dingo

Rolf de Heer
1991 - Intersections Films
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Miles : l'autobiographie

Miles Davis, Quincy Troupe, Christian Gauffre - 1990 - La table ronde

S’il a grandi dans la bourgeoisie de Saint Louis (Illinois), Miles n’a pas pour autant été épargné par les histoires de racisme, des épisodes qui l’ont profondément marqué et qui ont participé à forger son caractère pour le moins orageux et, à certaines périodes, totalement destructeur. Lire sa biographie - en fait, le fruit de longs entretiens “bruts de fonderie” avec Quincy Troupe -, c’est écouter Miles évoquer ses passions, ses amours, ses combats, les musiciens qu’il a côtoyés et ceux qu’il admirait. Miles : l'autobiographie, c’est une traversée en Ferrari de la vie d’un des plus grands musiciens du XXe siècle.

Bird & Diz 

Charlie Parker, Dizzy Gillespie - 1952 - Decca

C’est dans le big band de Billy Eckstine venu jouer dans un club de St Louis où la famille Davis s’est installée, que Miles fait la connaissance des deux plus célèbres musiciens du genre, le trompettiste Dizzy Gillespie et le saxophoniste Charlie Parker. C’est Dizzy qui introduit Miles dans l’orchestre, et c’est quelques années plus tard que celui-ci intégrera l’orchestre de Charlie Parker. Pas de Miles Davis sur Bird & Diz où sont réunis pour la dernière fois les deux icônes du jazz, mais du beau monde tout de même : Buddy Rich (Batterie), Thelonious Monk (Piano) ou encore Max Roach (Batterie) et Kenny Dorham (Trompette). 

Sketches of Spain 

Miles Davis, Gil Evans - 1960 - Columbia

C’est l'un des albums les plus populaires et des plus accessibles albums de Miles Davis et l’une des plus belles collaborations avec l’arrangeur Gil Evans avec lequel il avait déjà collaboré sur Miles Ahead et Porgy And Bess. C’est sans doute sur Sketches of Spain qu’on entend le plus les influences classiques européennes que Miles admirait. 

Blue Train

John Coltrane - 1957 - Blue Note

La légende veut qu’un jour Coltrane - qui faisait partie du fameux premier quintet de légende de Miles Davis - dit au trompettiste qu’il ne savait pas comment terminer ses chorus. Et Miles de lui répondre : “Enlève ton saxo de ta bouche”. C’est après avoir quitté sa formation, en 1957, que Coltrane enregistra Blue Train avec ses propres musiciens dont Lee Morgan à la trompette, Paul Chambers à la basse, et Philly Joe Jones à la batterie. Lorsqu'on lui a demandé, dans une interview radiophonique en 1960, quel était son album préféré parmi tous ceux qu'il avait enregistrés jusqu'alors, Coltrane a répondu sans hésiter : Blue Train. 

Le meilleur de Kassav

Kassav' - 2024 - BMG

« J'ai donné à Marcus (le bassiste et producteur Marcus Miller) l'album d'un groupe qui s'appelle Kassu. Vous en avez déjà entendu parler ? Ils font un rythme qu'ils appellent zouk, un style qu'ils appellent zouk... Ils ont une section de cuivres française, ça sonne afro-cubain, mais ils mettent de la samba et de la rumba ensemble, des beats africains, du rock contemporain... et ça sonne bien ! » Miles Davis dans son autobiographie dans laquelle il parle de Kassav comme la musique du futur au même titre que celles de Prince et Fela. 

Sign 'O' The Times

Prince - 1987 - WARNER RECORDS

« Prince, c’est une combinaison de James Brown, qu’il a découvert sur scène avec son père, Jimi Hendrix et Marvin Gaye. Il a combiné toutes ces influences, et sur scène il a ajouté Charlie Chaplin. Comment est-ce que vous voulez vous planter avec tout ça ? » Miles Davis à propos de Prince dans un entretien pour la télé. 

Si tu t'imagines

Juliette Gréco - - Le chant du monde

On connaît l’histoire, mais elle est tellement belle qu'on la raconte encore ! En 1957 le producteur Marcel Romano invite Miles pour une série de concerts à Paris et en Europe. Comme celui-ci vient de se séparer de son premier quintet, celui avec Coltrane, il recrute sur place Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke. Louis Malle, qui vient de terminer le tournage d’Ascenseur pour l'échafaud, avec Jeanne Moreau et Maurice Ronet, demande à Miles d’en composer la musique. Pressés par le temps, celui-ci et ses nouveaux musiciens enregistrent en une nuit ce qui deviendra la merveille que l'on sait. Mais c’est plus tôt, en 1949, qu’à Paris Miles et Juliette Gréco vécurent leur histoire d’amour, une histoire qui s’acheva dans l’impasse qu’étaient les mariages mixtes, dans les années cinquante aux États-Unis.

Miles in blue ; du Velvet à ECM, l'onde de choc, kind of blue

Richard Williams, Emilien Bernard - 2011 - Rivages Rouge

« Lorsqu'en 1959, Miles Davis s'enferme en studio à Manhattan pour enregistrer l'album Kind Of Blue, il fait beaucoup plus que de graver le disque de jazz le plus connu et le plus vendu à ce jour à travers le monde : il met en marche une révolution musicale. Ce livre explore cette incandescente odyssée, analyse son impact sur le jazz à venir, de Keith Jarrett à Jan Garbarek, en passant par l'esthétique du label ECM. Souligne son influence sur les compositions de Terry Riley, Steve Reich. Met à jour son héritage sur le rock de Soft Machine, du Velvet Underground ou de Brian Eno et même... sur le funk de James Brown ! » Philippe Blanchet 

Betty Davis 

Betty Davis  - 1973 - LIGHT IN THE ATTIC

Betty Mabry rencontre Miles en 1967, et l'épouse en 1968 à l'âge de 23 ans. Le mariage ne dure qu'un an, Miles Davis demandant le divorce en 1969 car, selon ses mots, son épouse est « trop jeune et sauvage » pour lui. C’est Betty qui lui fit découvrir le rock psychédélique de Jimi Hendrix, le funk novateur de Sly Stone et au passage changea sa garde-robe. Des influences qu’on retrouve entre autres sur l'album Filles de Kilimanjaro, dont la pochette a été réalisée à partir de plusieurs clichés de Betty devenue Davis. Par la suite Betty Davis enregistra trois albums de funk dont le premier est d’une sauvagerie et d’une crudité qui ont certainement fait rougir Prince dans ses jeunes années !

A Tribute To Jack Johnson

Miles Davis - 1970 - Columbia

« La musique a collé parfaitement au film. Mais quand le disque est sorti, il a été enterré. Aucune promotion. A mon avis, (...) parce qu'on y trouvait beaucoup de choses que jouaient les musiciens de rock blancs : les gens ne voulaient pas qu'un musicien de jazz noir fasse ce genre de musique. Enfin, les critiques ne savaient pas par quel bout le prendre. Alors Columbia n'a fait aucune promotion. » Miles Davis Jack Johnson a été le premier boxeur noir champion du monde dans les années dix, immense figure de référence pour une partie de la communauté Noire. Lui-même grand amateur de boxe qu’il a pratiqué en amateur, Miles a composé la musique d’un documentaire consacré au boxeur, un disque très marqué par le rock 70s (le puissant jeu de batterie du nouveau venu Billy Cobham n'y est pas pour rien).

Le Sacre du printemps

Igor Stravinsky, Teodor Currentzis - 2015 - SONY

Miles Davis admirait l'œuvre d'Igor Stravinsky et racontait : « J’allais à la bibliothèque pour emprunter les partitions de tous ces grands compositeurs, comme Stravinsky, Alban Berg ou Prokofiev afin d'étudier leur musique ». Il y voyait un moyen d'acquérir des connaissances et de gagner en liberté, convaincu que « la connaissance, c'est la liberté, et l'ignorance, c'est l'esclavage ». 

Dingo

Rolf de Heer - 1991 - Intersections Films

Si Miles Davis composa quelques musiques de films (Ascenseur pour l’échafaud, Tribute to Jack Johnson, The Hot Spot), il ne fit que de très rares apparitions devant la caméra dont celle dans Dingo, dans lequel il joue le rôle d’un trompettiste (!) et dont la musique est signée Michel Legrand. On le vit aussi dans un épisode de la série Deux flics à Miami, épisode dans lequel il joue un souteneur, activité qu’il prétend, dans sa biographie, avoir exercé. Vous pourrez retrouver toutes ces références et d’autres dans l’excellent numéro de Blow Up de Thierry Jousse sur la plateforme d’arte.tv

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