« Orhan Veli est né poète dans la Turquie de 1914. Il aurait préféré être poisson dans une bouteille de raki. Par défaut, il est tombé souvent amoureux, jamais marié, parfois soldat. S’est beaucoup promené dans Istanbul, qu’il regarde les yeux clos et le ventre vide. C’est la ville qu’il raconte, qu’il arpente en chat et en poète ; en météore. Sa prose possède une souplesse féline ; toutes les odeurs du Bosphore ; même que la mer lui vient dans les mains écaille par écaille. Il n’écrit pas. Il consigne quelques brèves fulgurances. C’est selon lui le travail du poète : Tel est exactement mon boulot / Chaque matin je peins le ciel / Pendant que vous dormez. / Au réveil, vous le trouvez bleu. / Parfois la mer se déchire, / Vous ignorez qui la recoud ; / C’est moi