« Absalon, Absalon ! est une espèce de monument. Comme il le dit lui-même, Faulkner écrit le monde à partir d’un timbre-poste. C’est probablement ici qu’il le fait de manière la plus ambitieuse, avec cette façon de raconter l’histoire américaine à partir d’une famille un peu bordélique, de faire rentrer une part d’archaïque dans une configuration historique. Je trouve que c’est dans ce livre que c’est le plus percutant. Et puis il y a cette phrase qui, pour moi, est l’égale de celle de Proust et qui a nourri une partie des écrivains français, à commencer par Claude Simon. Il y a une généalogie de cette phrase en spirale qui irait de Lord Jim de Conrad, qui passerait par Faulkner, Proust, et dont aujourd’hui, avec nos moyens, sommes quelques héritiers, Laurent Mauvignier dans Histoires de la nuit par exemple. Ça fait partie de l’arsenal poétique dans lequel on va puiser pour écrire à notre tour. »