Cette histoire des rapports entre un père et son fils m’a beaucoup inspiré. Le père, membre d’une sorte de communauté occulte, décide de tuer son propre fils. On ne comprend pas pourquoi au début, mais alors qu’il court de village en village pour l’attraper, on voit la mère qui cherche à protéger son fils en l’encourageant à fuir. À la fin, le père et le fils vont s’affronter dans une sorte de duel final. Je pense que Souleymane Cissé s’est inspiré de la cosmogonie et de la religion animiste Bambara. On ne comprend qu’à la fin du film qu’en fait, le père a peur que son fils ne prenne sa place, qu’il n'acquière les pouvoirs magiques qu’il détient jalousement. Ces rapports père-fils m’ont beaucoup inspirés pour Deux Grands hommes et demi. Souleymane Cissé, pour Yeelen, a reçu le Prix Spécial du Jury à Cannes en 1987.