C’est un chef d’œuvre pour moi. Même si c’est à la limite du supportable. Et c’est aussi ce qui m’intéresse. Quand parfois des choses qui sont à la limite du supportable nous dépassent. Il y a des œuvres qu’on ne comprend pas, mais ce n’est pas grave, on se contente d’être submergé par elles. C’est une illustration de la puissance d’une œuvre. Dans le film de Béla Tarr, il y a la question de la répétition, de l’inexorable, ces travelings délirants, ces silences interminables, il y a à la fois cette immobilité du monde et la menace qui rôde aux alentours. Une étrange sensation très perceptible aujourd’hui dans ce qu’on vit.